Qu'est-ce que la phytoremédiation ?

Petite explication sur la phytoremédiation et le pouvoir des plantes


Publié pour Développement Durable le 2008-03-31
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BAIGNADE NATURELLEPISCINE NATURELLE

La phytoremédiation n'est pas un concept nouveau puisqu'il y a 300 ans les hommes utilisaient déjà les capacités épuratoires des plantes pour le traitement de l'eau. C'est depuis les années 1970 que cette pratique a trouvé un regain d'intérêts notamment pour le traitement des pesticides et des métaux.

La phytoremédiation est un ensemble de technologies utilisant les plantes pour réduire, dégrader ou immobiliser des composés organiques (naturels ou de synthèses) polluants du sol, de l’eau ou de l'air provenant d'activités humaines. Cette technique permet également de traiter des pollutions inorganiques (éléments traces métalliques (ETM), radionucléides).

Sol : Cette technique est utilisée pour décontaminer biologiquement les sols pollués par des métaux et métalloïdes, pesticides, solvants, explosifs, pétrole brut et ses dérivés, radionucléides et contaminants divers.

Eaux usées et effluents liquides : La phytoremédiation sert également la décontamination d'eaux chargées en matière organique ou en contaminants divers (métaux, hydrocarbures, pesticides). On considère alors les traitements sur sol en place (l'effluent est épandu) ou directement en milieu humide.

Air : Il peut s'agir aussi de dépolluer l'air intérieur ou de recycler l'eau grâce aux plantes (d'après les recherches de Bill Wolverton pour la NASA dans les années 1980-90). Cet axe de recherche se développe de manière importante depuis quelques années.

D'un côté, elle permet de nettoyer et de préserver les ressources essentielles que sont l’eau, les sols et l’air sur une zone, et de l'autre, elle recrée un théâtre de verdure, aux bienfaits visibles sur le paysage et la biodiversité, agréable à vivre pour les habitants mais également avantageux sur le plan économique.

A chaque type de pollution correspond une combinaison savante d'écosystèmes aquatiques et de différents substrats (pouzzolane, sable). Filtres plantés, bassins à macrophytes, forêt humide, permettent d’associer les capacités épuratoires naturelles des végétaux supérieurs, microorganismes et divers substrats. Plusieurs centaines de plantes utiles ont été recensées dans le monde : roseaux, typha, saule, iris, etc. stimulant ainsi la biodiversité. En poussant, elles vont absorber les éléments qui leur sont nécessaires (cuivre, zinc, phosphore, azote, carbone...), apporter de l'oxygène, ce qui va décomposer les polluants organiques (phytodégradation), ou encore fixer certains polluants plus toxiques.

La phytoremédiation repose essentiellement sur les interactions entre les plantes, le sol et les micro-organismes. Le sol est une matrice complexe qui sert de support au développement des plantes et des micro-organismes qui se nourrissent des composés organiques ou inorganiques le composant. Lorsque certains de ces composés sont en excès par rapport à l'état initial du sol, ce dernier est qualifié de contaminé (cela s'applique aussi à l'eau et à l'air qui à la différence sont des fluides). Les composés en excès peuvent alors être utilisé comme source d'énergie par les plantes et les micro-organismes. Dans le système plante - sol - micro-organismes, la biodégradation bactérienne est souvent en amont de l'absorption racinaire. Plantes et micro-organismes ont coévolué pour disposer d’une stratégie à bénéfices mutuels pour gérer la phytotoxicité où les micro-organismes profitent des exsudats racinaires alors que la plante bénéficie des capacités de dégradation des micro-organismes rhizosphériques pour réduire le stress de phytotoxicité. Au final, la plante est le moteur essentiel de l'exportation d'un contaminant.

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