Jardin chinois
Jardins modernes chinois
Publié pour Développement Durable le 2008-09-20
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Renvoyé brutalement de ses hautes fonctions il y a cinq siècles, l’administrateur impérial Wang Xianchen se retrouve dans sa maison et s’interroge sur son avenir. Va-t il intriguer pour revenir à la cour impériale ? Non, après réflexion, il va s’adonner plus modestement à la conception et à la construction de son jardin qui sera l’œuvre de sa vie. A cette époque, les fonctionnaires impériaux sont des lettrés de haut vol. Calligraphe, architecte, peintre, poète de talent Wang, avec le « jardin de l’humble administrateur » à Suzhou va contribuer à jeter les bases du jardin chinois, qui perdurent depuis mille ans. Le jardin est un simulacre de la nature. Il doit faire sentir à l’homme sa petitesse par rapport à la force des éléments et à la puissance des quatre constituants fondamentaux du jardin : l’eau, les constructions, la pierre, les végétaux.

L’eau du jardin symbolise la mer, les rivières, les grands lacs. Enjambés par des petits ponts dessinés avec soin, les plans d’eau sont les moteurs de la poésie du jardin. Ils sont construits pour refléter la lune, les arbres et les pierres, rompre les perspectives, procurer le calme propice à la méditation.
Les constructions sont d’abord des pavillons. L’un sera consacré à la calligraphie, le deuxième à la poésie, le troisième à la musique, le quatrième aux libations alcoolisées entre amis. De plus, des murs blancs seront construits pour rompre les perspectives, et percés d’ouvertures pour donner des visions originales des différentes parties du jardin qui encadrent comme des tableaux telle ou telle évocation.
La pierre y est prépondérante. Wang fait venir à grand prix des pierres ridées du lac Tahiu qui ressemblent à s’y méprendre à des montagnes, avec des pentes, des crevasses, des falaises, des cavernes…Les pierres levées, appelées aussi bonzaïs de pierre sont plantées dans le jardin comme des arbres.
Les végétaux sont utilisés pour symboliser la nature. Mini forêt de bambous, regroupement d’osmanthus qui parfument le jardin à l’automne, gingkos, magnolias, pins tordus, pivoines, bonzaïs centenaires sont choisis et placés minutieusement. Mais le végétal n’est pas prépondérant. Le sol est la plupart du temps recouvert de pierres en mosaïque.
Au final, comme deux cents autres jardins de Chine, ce lieu constitue une promenade poétique, une série d’énigmes soigneusement composées, des jeux de piste, une galerie labyrinthique dans la nature, un ensemble de tableaux subtils, une illusion de l’espace, une sculpture mentale où tous les éléments, du reflet de la lune sur l’étang jusqu’au son des gouttes des pluie sur les feuilles de bananier sont composés comme une symphonie.