Situation de la récuperation de l'eau
La récupération et utilisation de l'eau en France et au monde en plus des solutions au problèmes
Publié pour Développement Durable le 2008-03-26
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Le CERTU (Centre d'études sur les Réseaux, les Transports, l'Urbanisme et les constructions publiques) a édité le guide de l'assainissement qui propose une démarche en ce sens. Il y a le niveau 1 (pluies faibles) dont l'objectif sera d'éviter tout rejet au milieu naturel. Pour le niveau 2 (pluies moyennes), les rejets seront limités et controlés. Pour les pluies fortes (niveau 3), les débordements devront être localisés et limités, mais les rejets seront massifs et non contrôlés, ce qui permettra de garantir l'absence de dégâts importants. Pour les pluies exceptionnelles, le débordement sera généralisé mais tout sera mis en oeuvre pour éviter les dommages aux personnes.
La stratégie du tout-à-l'égout et l'urbanisation croissante ont montré des limites avec des conséquences effrayantes : les crues subites des rivières en cas d'orage sont de plus grande ampleur par le fait de l'imperméabilisation des sols (plus grands volumes) et du temps de parcours plus court (pointe plus marquée). Le problème se pose particulièrement au fond du vallée donc il faut concevoir une urbanisation compatible avec ces contraintes.
La collecte des eaux pluviales conduit à des risques de laisser chocs de pollution. L'eau de pluie lessive l'atmosphère et se charge de polluants lors de son ruissellement au sol. C’est pour ça qu’il faut traiter ces eaux avant de les rejeter au milieu. Il est préférable d'intercepter et de traiter ces eaux en amont, à la parcelle. Toutes les techniques doivent être utilisées : toitures végétalisées, infiltration (noues, tranchée, ...), sols perméables… pour récupérer cette eau.
La totalité de l'eau présente sur la planète est de 1500 millions des km3 dont l'essentiel est située dans les océans (97,4%). L'eau douce est présente sous forme de glace (2%), d'eau souterraine (0,58%), dans les masses d'eaux superficielles (0,02%) et en forme de vapeur atmosphérique (0,001%). L'eau est abondante sur notre planète bleue, par contre l'eau utilisable par l'homme à un instant donné n'en représente qu'une petite part. C'est pourquoi, la récupération d'eau pluviale est importante dans les zones ou la ressource en eau douce est insuffisante.
La production d'eau à partir de cette ressource nécessite cependant une installation de potabilisation et un circuit de distribution pour égaler le confort et la sécurité apporté par les réseaux de distribution d'eau sous pression. Différents systèmes sont aujourd'hui commercialisés pour des habitations individuelles ou collectives. Il faut souligner la position très restrictive des autorités sanitaires françaises, qui interdisent les doubles réseaux (eau potable et eau non potable) au sein des immeubles.
L'expérience parisienne en la matière est ainsi régulièrement soulignée : au début du 20ème siècle, des immeubles étaient raccordés sur le réseau d'eau non potable pour des usages industriels ou artisanaux et, de nombreux cas, de mauvais branchements ont été relevés au sein des immeubles. De même, l'analyse des opérations immobilières récentes comprenant deux réseaux montre que les erreurs de branchement et les risques de contamination sont nombreux. Le stockage, le transport et la distribution de l'eau peuvent en effet altérer la qualité de l'eau.
La France a institué un crédit d'impot (25% du coût) pour les installations de récupération d'eau pluviale pour les usages extérieurs (et envisage de l'étendre aux usages intérieurs).
La production d'eau potable à partir d'eau de pluie de façon déconcentrée peut se révéler plus couteuse en énergie que l'eau produite de façon centralisée. C'est ainsi que l'expérience pilote de Fribourg a écarté la récupération de l'eau de pluie, car le site était desservi par le réseau d'eau potable et que la ressource était abondante.
Une étude effectuée aux Pays Bas montre que la distribution d'une eau récupérée se traduit par un changement de comportement et un accroissement de la consommation d'eau jusqu’à plus d’un 20% dans certains cas. Elle évalue le gain pour une famille, qui a remplacé 40% de son usage d'eau potable par de l'eau de pluie, sur une année.
Cependant, un certain nombre de pays européens ont fait évoluer cette position (Allemagne), tandis que dans certains pays en voie de développement, il est nécessaire disposer d'un réservoir d'eau de pluie.
L'eau de pluie devient un complément de ressource pour certains usages. Dans le ecoquartier BedZed, dans la banlieue de Londres, les efforts ont portés sur les économies d'eau (environ 100 litres/jour/personne contre 170 litres/jour/personne à Londres en moyenne) et seulement environ 15% de l'eau utilisée provient de l'eau de pluie récupérée (pour les WC).
Enfin, la récupération d'eau de pluie ne constitue pas une réponse à la problématique du drainage. En effet, le récupérateur aura tendance à vouloir stocker le plus d'eau possible, alors que l'assainisseur, prévoyant, voudra conserver une capacité d'accueil la plus importante possible, au cas où un épisode pluvieux majeur se produirait...